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À BAS LA TOUR DE BABEL |
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Dès 1967, ma première priorité a été d’établir un vocabulaire approprié et de formuler des définitions claires et précises sur tout ce qui touchait de près ou de loin à l’épuration des eaux usées par infiltration dans le sol. Il n’était pas question de rejeter toutes les expressions utilisées au Québec, et je n’avais pas non plus l’intention de calquer systématiquement le vocabulaire français, de France. Avec beaucoup d’efforts et de patience, j’ensuis arrivé à un heureux mariage. Pour implanter ce nouveau vocabulaire, il m’a fallu être très strict. Dans tous les écrits du Programme des lacs et lors des cours de formation donnés aux inspecteurs municipaux, tous les participants devaient s’en tenir rigoureusement au nouveau vocabulaire. Trente ans plus tard C’est en lisant attentivement la section du Règlement qui concerne les définitions qu’on peut le mieux apprendre à connaître le vocabulaire des installations septiques. De tous les écarts de vocabulaire encore en pratique de nos jours, celui qui sème le plus de confusion est certainement l’expression «champ d’épuration» qui n’existe d'ailleurs pas dans le Règlement. Par contre, on y trouve l’expression «champ d’évacuation». Le champ d'évacuation est un système spécialement conçu pour évacuer les eaux ménagères des résidences existantes desservies par une installation à vidange périodique. Un champ d’évacuation évacue, il n’épure pas! La différence est de taille: on épure ou on épure pas! La confusion peut mener à des quiproquos coûteux pour un acheteur ou un vendeur de chalet ou pour un lac! Il est beaucoup plus simple de prendre immédiatement la bonne habitude et d’appeler les choses par leurs vrais noms. En juin 2001, le ministère du Développement Durable modifiait le Règlement sur l'évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées. Et comme l'objectif visé était d'ouvrir la porte au développement anarchique en bordure des lacs, tout en donnant l'impression d'être plus sévère, les ramapithèques du Ministère ont eu recours à la langue de bois pour masquer leur forfait. Exit le vocabulaire simple, clair et facilement compréhensible par les entrepreneurs et les propriétaires d'installations septiques! Porte ouverte à la langue de bois! Selon le Règlement, le sable filtrant utilisé dans la construction d'un filtre à sable, est du sable à béton. Tout le monde peut comprendre ça: les inspecteurs, les ingénieurs, les entrepreneurs et même les propriétaires d'installations septiques. Mais dans la nouvelle version du règlement, les bouffons du ministère du Développement Durable ont pensé clarifier la définition du sable à béton, en utilisant la langue de bois. Toute une clarification! La voici: Nouvelle définition du sable à béton selon les bouffons du ministère du Développement durable! Le diamètre effectif (D10) du sable filtrant doit être compris entre 0,25 et 1 mm et le coefficient d’uniformité (Cu) doit être inférieur à 4; pour l’application du présent paragraphe, le «diamètre effectif (D10)» est le diamètre des particules au point sur la courbe granulométrique où le pourcentage passant est de 10%, le «diamètre 60% passant (D60)» est le diamètre des particules au point sur la courbe granulométrique où le pourcentage passant est de 60%, et le «coefficient d’uniformité (Cu)» est le rapport entre le diamètre 60% passant (D60) et le diamètre 10% passant (D10). Tout ça pour décrire du simple sable à béton. Fou raide!
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