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OUACH!
Y'a des myriophylles
dans  mon lac!

De toutes les plantes aquatiques, c'est le myriophylle à épi qui fait le plus peur. Bien à tort, d'ailleurs! On en a fait un véritable épouvantail à villégiateurs au Québec. Les lacs à myriophylles seraient possédés par le démon! Pourtant, pas un seul villégiateur n'a encore été capable de décrire comment le myriophylle à épi pouvait affecter un lac plus que les autres plantes aquatiques. Comme toutes les plantes qui nous viennent d'ailleurs, le myriophylle est ici pour rester et il devrait maintenant être traité comme une plante aquatique comme une autre.

La vérité sur les myriophylles
Il faut d'abord rappeler que des plantes aquatiques de la famille des myriophylles existent depuis longtemps au Québec. Selon la Flore Laurentienne, du célèbre Frère Marie-Victorin, les plus connues sont:

  • Le myriophylle de Farwell, qu'on trouve dans les eaux tranquilles et les lacs peu profonds, dans les Laurentides. Mais cette espèce est rare et très disséminée.
  • Le myriophylle à fleurs alternes, qu'on trouve dans tout le Québec mais surtout dans les parties froides. Il a été récolté pour la première fois au lac Memphrémagog.
  • Le myriophylle blanchisssant, très commun dans tout le Québec. Cette espèce universelle des eaux laurentiennes serait la phase américaine du myriophylle à épi qui nous vient d'Eurasie.
  • Le myriophylle verticillé, qu'on trouve dans le Québec tempéré.
  • Le myriophylle grêle, occasionnel dans les Laurentides, sur le Richelieu et dans les Cantons de l'Est. Il est rare ou absent ailleurs.  

Il est vrai que le myriophylle à épi est une espèce envahissante. D'abord par sa nature même: il est capable, en effet, de se propager de bien des façons (graines, boutures, drageons), de couvrir de grandes surfaces et de déloger d'autres espèces pour occuper leur territoire. Et, bien sûr, parce qu'il s'agit d'une espèce étrangère. Elle n'a pas à subir les pressions d'autres plantes compétitrices, pour le moment! Le myriophylle à épi est libre de s'implanter comme bon lui semble et en toute liberté, à la seule condition que le milieu lui soit favorable (nourriture, chaleur et lumière), comme n'importe quelle autre plante. Il faut se consoler en se disant que, comme toutes les plantes, le myriophylle à épi a ses limites. Il peut faire la pluie et le beau temps pour un certain temps dans un lac, tant qu'il y trouvera des conditions de vie qui le favorisent.  Mais il est condamné à disparaître un jour, si les conditions de vie du lac ne lui sont plus favorables, comme c'est le cas pour n'importe quelle autre plante aquatique.

    Voyez-vous des plantes aquatiques
    PARTOUT?
     

    Il est là le fond du problème. On a fait une phobie des plantes aquatiques au Québec. Faut-il alors s'étonner que la panique s'empare des villégiateurs lorsqu'une nouvelle plante se présente, comme le myriophylle à épi, par exemple. Et ce qui n'aide pas ce sont les «experts» qui l'ont sciemment diabolisé, sans raison, et qui racontent des histoires à dormir debout sur son compte. C'est à croire qu'avec du myriophylle à épi, c'est la mort d'un lac! Mais comment le myriophylle à épi peut-il arriver à tuer un lac? Quelles maladies apporte-t-il? Personne n'a jamais pu le dire. Ce qui n'empêche pas les villégiateurs de prendre l'épouvante, sans trop savoir pourquoi, chaque fois qu'ils entendent le mot myriophylle. De la folie furieuse!

    Si vous voyez des plantes aquatiques partout, vous êtes probablement de ceux qui vont être très sévèrement atteint par la tremblante du myriophylle à épi. Si on en croit les «experts», votre lac est fini. Il ne vous reste plus qu'à vendre votre chalet et à retourner en ville.

    Mais si vous pensez que les plantes aquatiques font partie de la vie d'un lac, qu'elles sont toutes aussi naturelles que les poissons, les insectes et les oiseaux, vous allez rester calme, même si on trouve du myriophylle dans votre lac! Pis après! Une plante aquatique de plus ou de moins! Ça change quoi?

Considérations pratiques

    Les  lacs ayant un faible taux de fertilisation des eaux sont mieux protégés contre l'envahissement du myriophylle à épi ou des autres plantes aquatiques.

    La croissance du myriophylle à épi peut ralentir considérablement quelques années après avoir atteint son apogée.  

    Le contrôle ou l'arrachage des plantes aquatiques ouvre souvent la porte à une expansion de la population du myriophylle à épi.

    Le myriophylle à épi atteint généralement une hauteur de 1 à 4 mètres mais il peut facilement se rendre jusqu'à 10 mètres. Les tiges s'étendent alors sur la surface des eaux où elles forment un tapis souvent très dense.  

    Il est très difficile de faire la différence entre le myriophylle blanchissant, le plus répandu au Québec, et le myriophylle à épi.  

    Le myriophylle à épi aurait été introduit en Amérique du Nord comme plante d'aquarium par les amateurs de poissons exotiques.

Y'a-t-il une solution?

Non! Il n'y a pas de solution magique qui fera disparaître les plantes aquatiques, myriophylles et autres. Mais il y existe un moyen de ralentir leur croissance. Il faut intervenir à la source! Il faut cesser de nourrir les plantes aquatiques avec nos aménagements contre nature en bordure des lacs. Il faut éliminer tous les apports de phosphates d'origine humaine dans les eaux de nos lacs et stopper le réchauffement des eaux.

Les campagnes d'arrachage des plantes aquatiques ne mènent nul part!


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