web statistics





GARE AUX PHOSPHATES!

Il en est des phosphates comme de toute bonne chose: c'est l'excès qui tue. Présents en trop grande quantité, les phosphates sont de véritables agresseurs. Ils ne fertilisent plus, ils surfertilisent. On trouve d'autres fertilisants dans la nature, mais il est généralement admis que les phosphates sont les plus susceptibles de provoquer l'apparition subite des symptômes de la surfertilisation. Ils sont aussi les seuls fertilisants sur lesquels, on peut exercer un certain contrôle et c'est ce qui explique qu'on leur accorde tant d'importance.

La fertilisation naturelle
Dans des conditions naturelles, la fertilisation des eaux se produit par le biais du lessivage des sols et de la décomposition d'innombrables génération successives de plantes, de micro-organismes et d'espèces animales. Nos lacs sont donc naturellement appelés à devenir de plus en plus fertiles, à vieillir et à éventuellement se transformer en marécages. Le tableau n'est guère rassurant pour l'avenir mais il faut tenir compte du fait que la nature évolue lentemement, à l'échelle des temps géologiques, lorsqu'elle échappe aux interventions humaines.

La surfertilisation des eaux
La surfertilisation est un problème très inquiétant. Encore plus inquiétant s'il survient dans les eaux d'un lac où les phosphates sont habituellement piégés de façon quasi irréversible. La surfertilisation est avant tout la maladie des lacs. Il est urgent de s'y attaquer. À travers nos activités quotidiennes nous augmentons artificiellement les apports en phosphates et nous contribuons ansi à la dégradation de nos lacs. Quelques années de fertilisation intensive produisent les mêmes effets que la nature produirait en plusieurs milliers d'années: des eaux riches, surfertilisées, où les concentrations de phosphates sont au seuil critique. C'est l'embonpoint!

Les symptômes de la surfertilisation

Le premier symptôme: les plantes aquatiques. Ce symptôme est facile à observer. Il est important de rappeler toutefois que les plantes aquatiques sont essentielles à la vie d'un lac. Leur présence dans les eaux du littoral est tout à fait naturelle. C'est uniquement lorsqu'elles se reproduisent et s'étendent de façon excessive qu'elles témoignent clairement de l'existence d'un sérieux problème de surfertilisation.

Deuxième symptôme: les poussées d'algues. Elles sont aussi faciles à observer Dans tous les lacs, on trouve des algues microscopiques en suspension dans l'eau. En présence d'un excès de phosphates, ces colonies d'algues peuvent, en quelques heures seulement, se développer au point de transformer un lac aux eaux claires en une véritable purée de pois verdâtres. Certaines espèces recouvrent même les pierres de long filaments verts et visqueux: ce sont les algues filamenteuses. Lorsque les poussées d'algues se manifestent, les eaux deviennet troubles et elles dégagent souvent des odeurs nauséabondes. Les algues, lorsqu'elles se décomposent, libèrent les phosphates qu'elles contenaient et ceux-ci sont à nouveau utilisés par d'autres algues. Et le cycle se poursuit inlassablement!

Les autres symptômes sont plus difficiles à observer mais ils n'en sont pas moins très sérieux. Soulignons, entres autres, que l'augmentation de la production végétale d'un lac entraîne une augmentation correspondante du taux d'envasement et que la décomposition des boues entraîne à son tour l'épuisement graduel des réserves d'oxygène des zones profondes. Ce phénomène peut avoir des effets sur le taux de mortalité des poissons, particulièrement en période estivale. Les poissons morts dont se plaignent tant de villégiateurs sont donc parfois, pour certains lacs, des indicateurs de surfertilisation.

Les causes de la surfertilisation
Les causes de la surfertilisation sont relativement faciles à cerner. Elles sont presqu'exclusivement dues aux activités humaines. Les eaux usées viennent évidemment en tête de liste car elles renferment suffisamment de phosphates pour entraîner la surfertilisation rapide d'un lac, si elles ne sont pas traitées. En dehors des eaux usées, c'est probablement l'érosion qui contribue le plus a surfertiliser nos lacs. Le déboisement, la dégradation des rives, l'agriculture, le pâturage, le décapage et le remaniement des sols sont autant d'activités qui rendent la couche de sol, riche en éléments fertilisants, vulnérable a l'érosion. L'érosion appauvrit nos sols, elle enrichit nos lacs. Nous sommes loin d'avoir dressé une liste complète des causes de la surfertilisation des eaux. Il est donc essentiel de pouvoir indentifier, sur chaque lac, toutes les sources de phosphates dues aux activités humaines. Ce sont les seules que nous pouvons contrôler.

Comment contrôler les phosphates?
Les méthodes de contrôle des apports de phosphates dus aux activités humaines varient selon la source. Certaines sources diffuses de phosphates, comme l'agriculture, les pâturages et la fertilisation des pelouses sont plus difficiles à contrôler. Dans certains cas, le contrôle des phosphates exigera des modifications profondes des pratiques agricoles et de nos habitudes de vie. En bordure des lacs, il ne faut pas négliger l'importance des gestes que peuvent poser les centaines de milliers de villégiateurs. Ils sont les seuls à pouvoir agir pour contrôler les phosphates. Ils doivent s'assurer que les eaux usées de leur chalet sont traitées par une installation septique conforme à la réglementation. Ils doivent aussi s'attaquer aux problèmes d'érosion sur les rives. Cette lutte doit à la fois déboucher sur des mesures préventives visant à protéger les secteurs encore à l'état naturel et des mesures correctives visant à stopper l'érosion et à régénérer les secteurs perturbés. C'est à ce prix seulement que nous pourrons sauver nos lacs!

Environment Canada fait sa part pour contrôler les phosphates
La Loi canadienne de protection de l'environnement accorde à Environnement Canada les pouvoirs de contrôler la teneur en phosphore (élément de base dans la composition des phosphates) dans les détergents de blanchissage. Le Règlement sur le contrôle de la concentration en phosphore adopté en vertu  de cette Loi, limite à 5% le teneur en phosphore dans les détergents de blanchissage. La quantité de phosphates provenant des détergents et rejetée dans nos lacs et cours d'eau est donc aujourd'hui considérablement réduite par rapport à ce qu'elle était auparavant. Il faut ajouter que le Règlement sur le contrôle de la concentration en phosphore a une double action.  En plus d'imposer une réduction concrète des teneurs en phosphore, il a amené les manufacturiers de détersifs à pousser leur recherche pour remplacer les phosphates par des produits moins nocifs pour nos plans d'eau. On trouve donc aujourd'hui, sur le marché, des détersifs sans phosphates.

Engin de recherche
Taper un mot clé