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Y'a des cyanophycées
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La réponse est simple: lorsque des cyanophycées arrivent à prédominer dans un lac, c'est qu'elles s'y trouvaient déjà. Les cyanophycées font partie de la vie des lacs. Elles ne posent pas de problème, habituellement, sauf de rendre les lacs invivables pour les propriétaires de chalets. Mais si les eaux de votre lac, par exemple, sont suffisamment enrichies, c'est-à-dire qu'elles sont chargées d'éléments nutritifs (phosphates, nitrates, et autres) et les eaux suffisamment chaudes, il arrive, surtout dans le coeur de l'été, que les cyanophycées profitent de la situation et finissent par prédominer, c'est-à-dire se reproduire à une vitesse incroyable et couvrir l'entière superficie du lac, en quelques heures seulement. C'est ça une poussée de cyanobactéries. C'est un signal. Le lac n'est pas content et il envoie le signal clair qu'il a son voyage!
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Absolument pas! La présence de phosphates en quantité suffisante dans les eaux d'un lac, n'est qu'une des conditions nécessaires. En général, plusieurs conditions et la présence d'autres éléments nutritifs doivent être présents dans un lac pour provoquer une poussée d'algues. La vérité, c'est que les mécanismes des poussées d'algues sont encore mal connus. Il est donc faux de prétendre que seules les concentrations de phosphates peuvent provoquer des poussées d'algues, comme l'affirment certains politiciens, au Québec. On peut facilement comprendre que l'abondance de phosphates dans les eaux d'un lac puisse contribuer à prolonger la durée d'une poussée d'algues, mais il n'y a pas de rapport direct entre une concentration spécifique de phosphates et la vulnérabilité d'un lac aux poussées d'algues. Ceux qui prétendent établir une concentration spécifique de phosphates au-delà de laquelle votre lac sera plus sujet qu'un autre à produire des poussées d'algues sont des charlatans ou des sorciers qui vous font perdre votre temps.
Non! On ne peut que tenter de ramener le processus de vieillissement d'un lac le plus près possible de son rythme normal. Et encore il faudra changer radicalement ses habitudes et si on y met tous les efforts et les sacrifices nécessairesm comme cesser d'aménager nos lacs comme des banlieues. Et même à ce prix, il faut être conscients du fait qu'on ne peut pas retourner en arrière et rajeunir un lac. Même avec un changement radical de régime, l'aspect de votre lac ne va pas changer instantanément! Les éléments nutritifs déjà présents dans les eaux d'un lac ne vont pas disparaître. Et il est fort probable que votre lac va continuer de produire des poussées d'algues. Ainsi va la vie! C'est un phénomène irréversible, contrairement à ce que certains experts chercheurs de contrat laissent entendre.
Bien sûr qu'il en existe un: les poussées d'algues vont de pair avec le vieillissement des lacs. Qui plus est, lorsque qu'un lac est rendu à un stade avancé de son évolution, les poussées d'algues se répètent habituellement d'une année à l'autre et même plusieurs fois par année. C'est inévitable et c'est un phénomème de plus en plus fréquent de nos jours, car nos lacs ne sont plus exactement des jeunesses. Ils datent de la dernière époque glaciaire et ils n'ont pas toujours été bien aménagés. On peut donc facilement prédire qu'avec le temps, les poussées d'algues vont devenir de plus en plus fréquentes et de plus en plus sévères. Le vieillissement d'un lac est un processus lent, qui s'étale sur des milliers d'années et qui dure déjà depuis plus de 10 000 ans, au Québec. Ce sont les activités humaines qui provoquent l'accélération qu'on vit aujourd'hui et qui ne montre aucun signe d'accalmie. D'autant plus que les dernières tendances d'aménagement des lacs au Québec (le surdéveloppement et l'urbanisation, entre autres, les dernières trouvailles de Line Beauchamp pour saiver nos lacs), sont plutôt de nature à accélérer le processus. Nous sommes en grande partie responsables de la multiplication des poussées d'algues sur nos lacs et de la gravité du phénomène. Malheureusement, on préfère ne pas en tenir compte et continuer d'appliquer des solutions magiques! Il est grandement temps que les propriétaires de chalets et le ministère du Développement Durable se mettent dans la tête que le vieillissement d'un lac est un phénomène irréversible et que l'unique avenue qui se présente à nous est de ralentir le vieillissement. Malheureusement lorsqu'il y a des poussées de cyanophycées dans un lac, on se contente du minimum, c'est-à-dire d'avertir la population et de fermer le lac. Rien pour renverser la vapeur du développement. Qui plus est, c'est le Ministère lui-même, qui a mis la hache dans le Programme des lacs et son programme de régénération des rives, les seuls outils jamais mis à la disposition des propriétaires de chalets. Difficile à expliquer!
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La grande peur Ces jours-ci, les villégiateurs ont un tas de raisons d'avoir peur lorsqu'ils entendent parler que la direction de la santé vient de fermer un autre lac. La FAPEL tient à rappeler, toutefois, que les poussées d'algues (quelque soit l'espèce) peuvent être considérées comme un problème de survie des lacs ou un problème de santé publique pour les humains et la vie animale. Pour la direction de la santé, il s'agit clairement d'un problème de santé, tout particulièremnet si les algues sont des cyanophycées, souvent accompagnées de toxines. Y'a pas de chances à prendre! Ça fait peur, en effet! Mais c'est aussi une belle occasion de repenser nos techniques d'aménagement des lacs.
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