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LE MONUMENTAL FIASCO |
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Tout le monde se souvient de la crise des pluies acides des années 1980. De la folie furieuse! La FAPEL recevait quotidiennement des centaines d’appel de propriétaires de chalets en panique qui appelaient pour nous annonçer que leur lac était devenu stérile, un véritable désert biologique! Plus aucun signe de vie! Ils prenaient de l'avance sur les prédictions du ministère de l'Environnement d'alors, selon lequel, nos lacs étaient tous condamnés à devenir des déserts biologiques. Un jour la FAPEL a même été appelé à visiter l’encadrement forestier du lac Brome. En pleine forêt, les propriétaires de chalets nous ont montré des arbres morts! Comme s’il était anormal de trouver des arbres morts dans une forêt. Mais non! C’était pas normal : c'était les plus acides! C’était aussi l’époque des grands experts que les politiciens sortaient régulièrement des boules à mites pour justifier toute cette dérive qui ne visait qu'à masquer le vrai problème: la pollution atmosphérique, dont on se gardait bien de parler. Les agriculteurs, eux, perdaient leurs érables. Ils se gardaient bien d'avouer qu’ils étaient eux-mêmes responsables de leur disparition. En effet, à l'époque, les érables étaient dopés à la para-formaldéhyde. Pourquoi? Pour réduire le nombre de bactéries au moment de l'entaille et garder ainsi les entailles ouvertes. La sève coulait plus longtemps et les agriculteurs pouvaient profiter d'une augmentation de rendement. On se gardait bien de parler de ce tripotage chimique préférant mettre ça sur le dos des pluies acides qui ne se contentaient pas de tuer les érables, d'ailleurs! Eh! oui! On a même vue apparaître des panonceaux de l’Union des Pollueurs Agricoles (UPA) sur le bord de l'autoroute des Laurentides: les pluies acides tuent nos cours d’eau! Elle est bien bonne! À l'époque, la FAPEL avaient même songé à installer ses propres affiches pour rappeler à la population que c'était plutôt les agriculteurs qui tuaient nos cours d'eau en les transformant en fossés. |
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Pour la FAPEL, s’attaquer aux pluies acides, c'était s’attaquer aux symptômes plutôt qu'au vrai problème: la pollution atmosphérique. C’est là qu’il aurait fallu agir. Mais notre défunt ministère de l'Environnement a préféré se mettre à japper contre les pluies acides pour mieux masquer son inaction dans la lutte contre la pollution atmosphérique, l'air, qui, ne l'oublions pas, affecte d’abord et avant tout la santé des citoyens. La lutte contre la pollution atmosphérique aurait dû trouver là, et depuis fort longtemps d'ailleurs, sa principale justification. On n’avait pas besoin des pluies acides pour nous rappeler que nous étions en train de mettre notre santé en péril en respirant quotidiennement un air funèbre! |
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Pour le ministère de l’Environnement de l'époque, le virage vers les pluies acides, tombait à point. Il lui fournissait l’occasion de se draper dans le noble manteau de la dépollution alors qu’en réalité il continuait de tolérer les émissions de gaz nocifs à la base de la formation des pluies acides. Nous sommes tous tombés dans le panneau. Quel fiasco! Nos minables politiciens seraient en train de nous préparer le même scénario avec Kyoto! |
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