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Y'A DES CYANOBACTÉRIES DANS MON LAC

Nos lacs ont leur façon bien à eux de nous démontrer qu'ils ont leur voyage, ou qu'ils sont en train de prendre un coup de vieux. Ils créent «une poussée d'algues». Soit que le lac devienne soudainement vert comme une purée de pois d'un travers à l'autre, ou qu'il se coiffe de longues chevelures vertes, gluantes, malodorantes et repoussantes qui sèment la panique autour du lac!
 



En réalité ce sont des algues que les «experts bidons» du ministère du développement durable appellent des cyanobactéries... une façon comme une autre d'épeurer le monde. Il vaudrait mieux les appeler par leur nom: des cyanophycées quoique les cyanophycées et les cyanobactéries se ressemblent beaucoup.
La seule différence est que les cyanobactéries se situent entre les bactéries et les plantes. Comme comme les cyanophycées), elles peuvent être rouges, brunes ou jaunes; on dit que les proliférations d'algues rouges (espèces marines) sont exactement ce qui donne son nom à la mer Rouge. On trouve aussi des algues rouges dans les eaux douces, au Québec, au lac Saint-Mathieu. Plusieurs espèces de cyanobactéries ont une particularité que les autres n'ont pas: elles sécrètent des toxines qui peuvent affecter certaines personnes, parfois aussi des animaux. Voilà pourquoi, lorsque l'on découvre des cyanobactéries dans un lac on interdit la baignade et autres activités aquatiques. Face à ce fléau, on préfère réduire les risques. Dans un récent article du Devoir (Dans un lac près de chez vous), Alexandre Shields affirme que le ministère du Développement Durable de l'Environnement et des Parcs aurait en bonne partie fait disparaître cet épineux dossier de la place publique. Le ministère lui-même parle d'un «potentiel» de production toxique pour les cyanobactéries. Or le dictionnaire Larousse nous apprend que que le mot potentiel veut dire qu'il s'agît d'une situation qui existe virtuellement, en puissance, mais non réellement. Nous sommes donc en face d'une vaste fumisterie et on ne peut que féliciter Line Beauchamp, ex-ministre du MDDEP d'avoir abondonné cette piste.

Pour le Programme des lacs et la FAPEL, dès qu'un lac présente des poussées d'algues, il n'y a qu'une chose à faire: cesser immédiatement de lui envoyer des éléments nutritifs. Ce lac vit ses derniers moments. Et il n'existe aucun moyen de renverser la vapeur et de rajeunir un lac même purgé de ses éléments nutritifs.

 

 

Les cyanophycées ne viennent jamais seules sur un lac. Arrivent aussi les inévitables vendeurs d'illusions et charlatans avec un tas de solutions miracles à offrir aux propriétaires de chalets. Sans compter les politiciens qui découvrent, soudainement, que les lacs sont autre chose qu'une simple assiette fiscale. Ils ne veulent tout simplement pas comprendre ce que le Programme des lacs et la FAPEL leur enseigne depuis plusieurs années: les lacs ont leur propre vie, ils vieillissent et vontun jour mourir. Pour eux, la présence de cyanophycées n'est qu'une étape dans leur vie, un pas de plus vers l'eutrophisation et la mort.

En 50 ans de présence active au Québec, dans le domaine des lacs je n'ai jamais entendu un seul politicien se porter à la défense du Programme des lacs ou de la FAPEL.


Les politiciens sont facile à repérer! Ce sont de beaux parleurs. Seul le discours politique varie, selon les circonstances. Que soudainement, ils semblent se porter à la défense des lacs, y'a rien là. Ça ne veut rien dire. Ne les écoutez pas! À ce sujet, j'ai fouillé dans l'actualité pour vous, afin d'extraire différentes déclarations sur les cyanophycées. Beaucoup sont des plus loufoques! Derrière ces déclarations, il faut le souligner, se cache une dangereuse méconnaissance de la nature du problème, de la part de ceux qui devraient, de toute urgence, mettre en place des mesures de correction adéquates.  

Voici quelques exemples de leurs déclarations les plus farfelues.

 

Notre objectif est d'en arriver à une utilisation judicieuse du lac, de bloquer le processus d'eutrophisation, de diminuer les concentrations de cyanobactéries et de retrouver notre richesse naturelle.

Nous pouvons prévenir. Ça c'est la partie facile. Mais nous pouvons aussi guérir, c'est réversible, mais difficile.  Nous sommes sur le point d'inverser le processus , mais ça va prendre encore 10 ans avant d'en percevoir visuellement les résultats.

Probablement que la municipalité va devoir imposer une taxe spéciale de protection environnementale.

Nous vous rappelons que la Santé publique recommande aussi de boire de l'alcool en quantité modéré et de ne pas fumer. Il est évident que les dommages sur la santé causés par l'alcool et le tabac sont de loin plus importants et mieux connus que les cyanobactéries.

 

Nous tenons à mettre les propriétaires de chalets en garde contre les municipalités qui s'apprêtent à organiser une chasse aux sorcières en bordure des lacs affligés par les cyanobactéries, pour exiger la reconstruction des installations septiques. Ça ne va rien changer au problème sauf que les propriétaires de chalets vont devoir reconstruire inutilement leur installation septique.

Il faut savoir que les installations septiques traditionnelles construites selon les normes du règlement relatif à l'évacuation et au traitement des eaux usées des résidences isolées ne sont pas la cause principale des apports de phosphates, comme l'affirment certains politiciens et élus municipaux dont les connaissances, dans le domaine, sont toutes croches.  

Dans une municipalité en particulier, un maire avouait récemment  qu'il aurait trouvé une vingtaine de fosses présentant des irrégularités majeures. Depuis, il aurait mis le règlement en application et une cinquantaine de fosses septiques ont été refaites.

C'est donc dire que la municipalité en question aurait pendant des dizaines d'années, négligé de mettre en application le règlement alors que son application est obligatoire depuis 1981. Il ne faut pas se fier sur les municipalités pour sauver nos lacs.

Pourtant, malgré cette chasse aux sorcières contre les installations septiques le développement continue... avec l'assentiment de la municipalité alors que le vrai problème se trouve dans le développement. Le maire de cette municipalité, comme tout bon politicien, a préfèré sévir contre les propriétaires de chalets plutôt que s'attaquer au vrai problème et freiner l'urbanisation en bordure de ses lacs.  

C'est ça une chasse aux sorcières! 




Les charlatans sont encore plus facile à repérer que les politiciens. Comment les reconnaître? Un projet ridicule n'attend pas l'autre, des solutions cosmétiques qui ne visent pas la source du problème, c'est à dire le développement. Nous en avons déniché quatre pour vous dont voici quelques unes des solutions cosmétiques:

    Installez des îles flottantes sur votre lac.

    Injectez, dans votre lac, des bactéries mangeuses de sédiments.

    Couvrez tout le fond de votre lac d'une couche de roches calcaires d'environ cinq centimètres d'épaisseur sur laquelle vous déversez une couche de sable de trois centimètres.

    Construisez des barrages avec des scories d'aciérie sur chacun des affluents de votre lac. Selon le député bloquiste de la circonscription électorale de Brome-Missisquoi, qui s'y connaît dans la matière (?), n'est-ce pas, c'est une solution extraordinaire!

J'en profite pour rappeler que le phénomène de l'eutrophisation, malgré ce qu'en disait Line Beauchamp et ses «experts bidons» est un phénomène irréversible et que la seule et unique façon de prolonger la vie utile de nos lacs est de freiner le développement en adoptant des règlements de zonage beaucoup plus sévères et en les mettant rigoureusement en application. Et encore! Nos nos lacs vont quand même mourir. Il faut donc au plus coupant changer les règlements de zonage.

Ça presse!

Lorsque des algues arrivent à prédominer dans un lac, c'est qu'elles s'y trouvaient déjà. Les cyanobactéries ou cyanophycées font partie de la vie des lacs. Elles ne posent pas de problème, habituellement, sauf de rendre les lacs invivables pour les propriétaires de chalets. Mais si les eaux de votre lac, par exemple, sont suffisamment enrichies, c'est-à-dire qu'elles sont chargées d'éléments nutritifs (phosphates, nitrates, et autres) et les eaux suffisamment chaudes, il arrive, surtout dans le coeur de l'été, que les cyanophycées profitent de la situation et finissent par prédominer, c'est-à-dire se reproduire à une vitesse  incroyable et couvrir l'entière superficie du lac, en quelques heures seulement. C'est ça une poussée de cyanobactéries. C'est un signal. Le lac n'est pas content et il envoie le signal clair qu'il a son voyage!


Toutes les algues peuvent provoquer des poussées d'algues, mais toutes les algues ne sécrètent pas des toxines comme certaines espèces de cyanophycées

LES PHOSPHATES SONT-ILS LES SEULS RESPONSABLES DES POUSSÉES D'ALGUES?

Absolument pas! La présence de phosphates en quantité suffisante dans les eaux d'un lac, n'est qu'une des conditions nécessaires. En général, plusieurs conditions et la présence d'autres éléments nutritifs doivent être présents dans un lac pour provoquer une poussée d'algues. La vérité, c'est que les mécanismes des poussées d'algues sont encore mal connus. Il est donc faux de prétendre que seules les concentrations de phosphates peuvent provoquer des poussées d'algues, comme l'affirment certains politiciens, au Québec. On peut facilement comprendre que l'abondance de phosphates dans les eaux d'un lac puisse contribuer à prolonger la durée d'une poussée d'algues, mais il n'y a pas de rapport direct entre une concentration spécifique de phosphates et la vulnérabilité d'un lac aux poussées d'algues. Ceux qui prétendent établir une concentration spécifique de phosphates au-delà de laquelle votre lac sera plus sujet qu'un autre à produire des poussées d'algues sont des charlatans ou des sorciers qui vous font perdre votre temps.

Il est donc bien inutile de faire analyser l'eau de votre lac, pour y évaluer les concentrations de phosphates, si votre but est de prédire s'il sera ou non bientôt sujet à une poussée d'algues.

PEUT-ON RENVERSER LA VAPEUR?

Non! On ne peut que tenter de ramener le processus de vieillissement d'un lac le plus près possible de son rythme normal. Et encore il faudra changer radicalement ses habitudes et si on y met tous les efforts et les sacrifices nécessairesm comme cesser d'aménager nos lacs comme des banlieues. Et même à ce prix, il faut être conscients du fait qu'on ne peut pas retourner en arrière et rajeunir un lac. Même avec un changement radical de régime, l'aspect de votre lac ne va pas changer instantanément!  Les éléments nutritifs déjà présents dans les eaux d'un lac ne vont pas disparaître. Et il est fort probable que votre lac va continuer de produire des poussées d'algues. Ainsi va la vie! C'est un phénomène irréversible, contrairement à ce que certains experts chercheurs de contrat laissent entendre.

EXISTE-IL UN LIEN ENTRE LES POUSSÉES D'ALGUES ET LE VIEILLISSEMENT D'UN LAC?

Bien sûr qu'il en existe un: les poussées d'algues vont de pair avec le vieillissement des lacs. Qui plus est, lorsque qu'un lac est rendu à un stade avancé de son évolution, les poussées d'algues se répètent habituellement d'une année à l'autre et même plusieurs fois par année. C'est inévitable et c'est un phénomème de plus en plus fréquent de nos jours, car nos lacs ne sont plus exactement des jeunesses. Ils datent de la dernière époque glaciaire et ils n'ont pas toujours été bien aménagés. On peut donc facilement prédire qu'avec le temps, les poussées d'algues vont devenir de plus en plus fréquentes et de plus en plus sévères. Le vieillissement d'un lac est un processus lent, qui s'étale sur des milliers d'années et qui dure déjà depuis plus de 10 000 ans, au Québec. Ce sont les activités humaines qui provoquent l'accélération qu'on vit aujourd'hui et qui ne montre aucun signe d'accalmie. D'autant plus que les dernières tendances d'aménagement des lacs au Québec (le surdéveloppement et l'urbanisation, entre autres, les dernières trouvailles de Line Beauchamp pour saiver nos lacs), sont plutôt de nature à accélérer le processus. Nous sommes en grande partie responsables de la multiplication des poussées d'algues sur nos lacs et de la gravité du phénomène. Malheureusement, on préfère ne pas en tenir compte et continuer d'appliquer des solutions magiques!

Il est grandement temps que les propriétaires de chalets et le ministère du Développement Durable se mettent dans la tête que le vieillissement d'un lac est un phénomène irréversible et que l'unique avenue qui se présente à nous est de ralentir le vieillissement. Malheureusement lorsqu'il y a des poussées d'algues ou de cyanophycées ou de cyanobactéries dans un lac, on se contente du minimum, c'est-à-dire d'avertir la population et de fermer le lac. Rien pour renverser la vapeur du développement. Qui plus est, c'est le Ministère lui-même, qui a mis la hache dans le Programme des lacs et son programme de régénération des rives, les seuls outils jamais mis à la disposition des propriétaires de chalets. Difficile à expliquer!

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