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Les
Jersiais de la Gaspésie
étaient de langue française!

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Les textes qui suivent sont tirés
d'un article très documenté intitulé «The
Language Changes in Jersey» écrit par Nicol
Spence, B.A. Ph.D, Professeur émérite du Département
de Linguistique française,
de l'Université de Londres. Nous recommandons fortement
à tous ceux qui désirent approfondir le sujet de lire
l'article original en anglais.
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Jersey
est un territoire de langue française jusqu'au début du XXe siècle, au moins.
Deux types de français s'y côtoient. Le vieux parler normand,
le jèrriais, qu'on apprend sur les genoux de sa mère, et lé
bouon français, la langue de la
cour de justice, des cérémonies religieuses et du commerce en général.
Lé bouon français
est la langue écrite des gens cultivés. Le jèrriais relève
d'une tradition orale et n'est pas, à cette époque, une langue écrite.
Quelques enfants ont probablement été éduqués
à parler lé bouon français
comme langue première, mais même ces enfants ne peuvaient pas ne pas
être familiers avec la langue jèrriaise qui se parle tout
autour d'eux. Le langage normalement parlé par la plupart des Jèrriais
de souche est le jèrriais même si la langue officielle
enseignée dans les écoles est le français.
L'anglais
se pointe le nez Quoique
le français, sous ses différentes formes, soit la langue maternelle
de la population de Jersey, l'anglais commence à se manifester
dans le commerce et les contacts sociaux avec les Gouverneurs, officiers et soldats
de langue anglaise, dès le début du XIXe siècle.
Que l'anglais ait pu s'infiltrer à ce point, à cette époque, n'a
rien d'étonnant puisque les îles Anglo-Normandes se trouvent
déjà, et depuis fort longtemps, sous l'autorité de la Couronne anglaise.
Napoléon
s'en mêle La période
des guerres napoléoniennes a favorisé la propagation de la
langue anglaise. Les guerres impliquaient la présence d'un grand nombre de soldats et d'officiers
de l'armée anglaise à Jersey. Plusieurs ont choisi
d'y rester. C'est ainsi que la plupart des membres des plus hauts
échelons de la société jersiaise en sont arrivés à maîtriser l'anglais, en plus du français et du jèrriais.
D'autres
événements se mettent de la partie Certains événements
ont
provoqué des changements encore plus rapides sur le plan de la
langue. En 1806, lorsque le
général Don, lieutenant gouverneur, entreprend d'améliorer les
communications dans l'île de Jersey, en construisant de nouvelles
routes pour faciliter le transport des troupes, un plus grand nombre
de soldats de langue anglaise s'installent dans l'île, avec leur
famille. Mais on accueille aussi un grand nombre de gens ordinaires,
venus à Jersey pour trouver du travail. Il s'agit d'artisans et d'ouvriers
auxquels se joignent une multitude de pêcheurs attirés par le
commerce des huîtres qui se développe rapidement dans la baie
de Grouville. On y compte plus de 250 bateaux de pêche anglais. Pour
accommoder tous ces nouveaux arrivants, des cérémonies religieuses
en langue anglaise sont alors célébrées dans la nouvelle église
de Gorey. C'est là, ainsi que dans la ville de Saint-Hélier, que
les unilingues anglais s'établissent. Dans les zones urbaines, les
nouveaux arrivants sont suffisamment nombreux pour résister à
l'assimilation linguistique. Sur une population totale de 57 000
habitants, on trouve presque 12 000 immigrants anglais, à Jersey,
en 1851.
Même
les Jèrriais courtisent l'anglais Beaucoup de Jèrriais
sont tristes d'assister au déclin
de leurs traditions françaises. Cela dit, il faut souligner
que ce ne sont pas tous les Jèrriais qui voient l'expansion de
la langue anglaise d'un mauvais oeil. Pour certains, l'anglais est
une langue de prestige. À côté des immigrants anglais, on trouve donc,
localement, parmi les Jerriais, des anglophiles, convaincus
que leur avenir se trouve du côté de la tradition et de la culture
anglaises.
Le
commerce favorise l'anglais L'amélioration des
communications entre les îles Anglo-Normandes et l'Angleterre
et le renforcement du commerce sont d'autres facteurs qui ont
contribué à resserrer les liens avec l'Angleterre. Dans la
première partie du XIXe siècle, le nombre d'immigrants anglais
est tellement élevé que leur assimilation à la société française et jèrriaise devient
carrément impossible
et constitue le plus important facteur d'anglicisation
de l'île de Jersey.
Rantanplan!
v'là les Bretons! Dans la deuxième partie du XIXe siècle,
les Bretons arrivent. Ils viennent travailler sur les fermes jèrriaises
et plusieurs d'entre eux s'installent à demeure. Le nombre de
Bretons passe de 2 100 en 1851, à 5 836 en 1901. Et comme les Bretons
s'installent à la campagne plutôt que dans les zones urbaines,
ils contribuent à augmenter la population jèrriaise
et donnent un bon coup de pouce à la langue jèrriaise. Dans
les zones rurales, les enfants
bretons, étaient, en effet, appelés à vivre dans un univers entièrement
jèrriais.
À
suivre...
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