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HISTORIQUE













 



LES SECRETS DE CHASSE ET PÊCHE DE JEAN PAGÉ
La pêche au banjo


Dessin: Jean Pagé

Mes premières truites grises furent capturées au lac Duhamel, près de Saint-Jovite, alors que seulement quelques chalets se reflétaient dans l'eau limpide de ce magnifique lac. Hélas, les temps ont changé! Les chalets d'été se succèdent aujourd'hui comme les maillons d'une chaîne et quant à la qualité de l'eau, la pollution domestique l'affecte passablement.

De toute façon, je ne vous entretiendrai pas ici de tous les regrets que j'éprouve à la vue de nos lacs des Laurentides, mais bien d'une technique de pêche qui fut toujours excellente, mais qui se pratique de moins en moins de nos jours: la pêche au «banjo»!

Pour les Farmer, Pellerin ou Pagé qui pêchaient ce lac à l'époque, le «banjo» était une canne très courte, solide, sur laquelle était monté un très gros moulinet rempli de lignes de cuivre ou de monel.

Cette façon de pêcher à la traîne la truite grise possède encore des qualités et des avantages que vous ne retrouverez dans aucune autre technique. Vous percevrez très bien le contact de votre leurre avec le fond et si par hasard une truite vient à mordre elle vous «téléphone» directement dans le poignet. Pour ferrer, ce n'est pas du nylon qui s'étire comme de la bande de caoutchouc; un petit coup sec et l'hameçon pénètre profondément dans les chairs.

Vous serez aussi très surpris de constater l'efficacité de ce contact continu avec le lit du lac où vous pêchez. Vous découvrirez les fosses, vous sentirez les rochers ou les plans sablonneux. Vous remarquerez que les fonds de lacs, aux endroits où nous pêchons la grise sont pour la plupart libres de débris, d'où un minimum d'accrochage. La ligne de cuivre pour une longueur de 250 pieds traînée à une vitesse normale descend à environ 50 pieds de profondeur, soit 5 pieds de ligne pour 1 pied de descente. Le truc est alors très simple, vous vous tenez en contact avec le fond en récupérant ou en donnant plus de ligne.

J'ai pêché longtemps au «banjo». Je tenterai l'expérience de nouveau avant la fin de l'été. Cette méthode s'avéra efficace pour nos ancêtres, et Dieu sait s'ils en capturaient des truites!!! Peut-être faudrait-il la faire revivre à nouveau, la pêche au «banjo».

En terminant, n'oubliez pas ce conseil: si l'endroit de pêche choisi possède un fond libre de débris, faites bondir votre cuillère de temps à autre sur le lit du lac. Les grosses grises qui sont paresseuses lorsque la température est chaude, se laisseront séduire par ces reflets de leurre visitant la pénombre de leur habitat estival.

À l'école de Jean Pagé

Les poissons perçoivent très bien les sons, non pas les vibrations sonores aériennes, mais bien celles qui se manifestent sous l'eau. Cette sensibilité sonore aquatique est accentuée par le pêcheur; vibrations de pas sur la berge, chocs de l'ancre dans le fond de l'embarcation, bruits du coffret de pêche manipulé de façon maladroite. Bref, toutes ces négligences produisent des ondes transmises par l'eau. Elles font définitivement fuir les poissons.

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