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La vérité sur l'eutrophisation

Lors du  Forum national sur les lacs, il a été question d'eutrophisation, c'est-à-dire de vieillessement des lacs, un phénomène qu'utilisent souvent nos marchands d'illusions pour vendre des études bidons aux villégiateurs alors que le phénomène est bien connu.

Le Programme des lacs
en a parlé pendant 25 ans!

On en parle beaucoup mais on omet de dire que le phénomène est, à toutes fins utiles, irréversible. Et! oui! Irréversible! La vérité est qu'à partir du moment où un lac subit des poussées d'algues, il commence à devenir invivable et il n'y a aucune étude au monde capable de stopper le phénomène. On ne peut que ralentir le vieillissement d'un lac, et encore! Ça, les marchands d'études se gardent bien de le dire dans leurs rapports qui mènent invariablement à la nécessité d'effectuer de nouvelles études. Beau commerce!

Cela dit, je tiens à démystifier les cyanophycées dont on est en train de faire, au Québec, un nouvel instrument de terreur et de manipulation des villégiateurs. Que les algues qui arrivent à prédominer sur un lac soient des cyanophycées ou d'autres espèces, le résultat est le même: le lac se transforme en une vaste et repoussante masse d'eau verte et gluante, pas très invitante pour nager, encore moins pour boire. Sauf que lorsque les cyanophycées sont en cause, on a pris l'habitude, depuis quelques années, de fermer officiellement les lacs à la baignade.

Nous en sommes là au Québec. Fermer nos lacs! Mais il faut bien se l'avouer: nous n'en n'avons jamais vraiment pris soin, malgré les nombreux avertissements du Programme des lacs. Résultats: la plupart de nos lacs sont arrivés au bout de leur rouleau.

Une question se pose! Avions-nous vraiment besoin d'un Forum, tout national soit-il, pour apprendre, comme si c'était la première fois, une vérité que le Programme des lacs a crié sur tous les toits depuis plus de 30 ans:

Nos lacs sont en train de mourir d'eutrophisation.

Il ne nous reste plus qu'à tenter de prolonger leur vie utile, en consacrant un maximum d'efforts pour couper tous les apports en éléments nutritifs, ainsi que tout ce qui contribue au réchauffement des eaux. Il faut, cela va de soi, régénérer généreusement les rives, mais aujourd'hui, cette mesure, préconisée à une autre époque, pourrait bien être insuffisante pour arriver à ralentir sérieusement le processus de vieillissement de nos lacs.

Il faut aller plus loin!

C'est dans l'ensemble de l'encadrement forestier des lacs, une ceinture de 300 mètres à partir de la ligne du rivage, qu'il faut restaurer la végéation naturelle et combattre le développement à outrance de même que toutes les pratiques urbaines d'aménagement.

La situation est d'autant plus critique qu'on a mis la hache dans le Programme des lacs qui, on s'en souviendra, avait développé, en collaboration étroite avec la FAPEL un extraordinaire programme de protection des lacs doublé d'un programme de régénération des rives, avec des pépinières de plantes indigènes typiques des rives de nos lacs et cours d'eau. Ces pépinières produisaient près d'un million de plants adultes par année, livrés en pots de quatre pouces, gratuitement, par dizaine de milliers, aux associations qui en faisaient la demande. Or, c'est le ministère de l'Environnement lui-même qui a saboté le Programme des lacs, sans aucune considération pour l'état de nos lacs.

Et si on juge par les politiques de développement des lacs, tolérées et même encouragées par le ministère du Développement durable, la situation ne va pas aller en s'améliorant.

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